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Les 6 classes du feu

Savoir identifier les classes de feu est primordial en sécurité incendie car elles permettent de comprendre la nature du feu, et d’adopter le moyen d’extinction adapté à la situation.

Car certaines actions ne sont pas juste inefficaces, elles peuvent aussi être dangereuses. 

En effet, chaque combustible possède un comportement de combustion spécifique. Employer une méthode d’extinction inadaptée peut donc modifier la stabilité d’un feu et provoquer une propagation, une réaction violente, voire un risque d’explosion.

Qu’est ce qu’une classe de feu ?

On parle de classe de feu pour désigner la catégorie de l’incendie définie selon la nature du combustible qui brûle.

En France, cette classification est fixée par la norme européenne NF EN 2.

Comprendre comment naît un feu

Un feu, c’est comme une recette de cuisine, 3 ingrédients sont indispensables : 

  • Le combustible : C’est ce qui brûle (bois, papier, essence, gaz, etc.). Sans lui, pas de feu.
  • Le comburant : C’est ce qui nourrit le feu. Le plus courant c’est l’oxygène de l’air. Sans oxygène, le feu s’étouffe.
  • L’énergie d’activation : C’est l’étincelle de départ. Sans chaleur, rien ne démarre. 

Il suffit de retirer un élément à ce triangle du feu pour que le feu s’éteigne ou ne démarre pas.

Les 5 classes du feu classiques

Classe A : Feu de matériaux solides

Catégorie du feu : Un feu de classe A, est un feu dit sec avec formation de braises, produit par des matériaux solides. La combustion peut être rapide avec des flammes vives, ou lente sans flammes.

Combustibles : Bois, papier, carton, textile, etc.

Moyens d’extinction : Eau, eau pulvérisée avec additifs, extincteurs à poudre ABC. Pas de CO2.

Feu de classe A

Classe B : Feu de liquides inflammables

Catégorie du feu : Un feu de classe B, est un feu de liquide ou solide liquéfiable, appelé également “feu gras”. Ces feux ne couvent pas, il s’agit de combustion vive avec flammes. Ils se propagent rapidement.

Combustibles : Hydrocarbure, goudron, graisses, huiles (minérales), peintures, vernis, alcools, cétones, solvants, produits chimiques divers.

Moyens d’extinction : Extincteurs à poudre, CO2, eau avec additifs. Pas d’eau.

Feu de classe B

Classe C : Feu de gaz inflammables

Catégorie du feu : Un feu de classe C concerne les feux de gaz inflammables. Ce sont des feux avec un très fort rayonnement thermique et qui s’accompagnent d’un risque d’explosion élevé.

Combustibles : Méthane, butane, propane, acétylène, gaz naturel, gaz de ville, etc.

Moyens d’extinction : Coupure de l’arrivée de gaz. Extincteur à poudre.

Feu de classe C

Classe D : Feu de métaux

Catégorie du feu : Un feu de classe D désigne un feu de métaux. Il s’agit principalement de feux industriels, qui peuvent atteindre de très hautes températures. Ce type de feu réagit violemment à l’eau en dégageant de l’hydrogène, accentuant les risques d’explosion.

Combustibles : Poudre d’aluminium, limaille de fer, titane, poudre de magnésium, potassium, sodium, etc.

Moyens d’extinction : Extincteur à poudre de classe D. Pas d’eau.

Classe F : Feu de graisse et huile de cuisine

Catégorie du feu : Un feu de classe F caractérise un feu d’huile végétale ou animale sur un appareil de cuisson. Le feu se déclenche généralement quand l’huile est trop chaude. Tous ces feux peuvent s’aggraver par la présence de courant électrique. Par ailleurs, il s’agit là encore de feu particulièrement violent au contact de l’eau.

Combustibles : Huiles de fritures, graisses animales ou végétales.

Moyens d’extinction : Extincteur de classe F, ou étouffement contrôlé. Pas d’eau.

Feu de classe F

La nouvelle classe de feu dite “L” : Feux de batteries lithium-ion

Ces dernières années ont vu naître une recrudescence de l’utilisation des batteries lithium dans notre quotidien. On les trouve littéralement partout : dans nos smartphones, ordinateurs portables, tablettes, montres connectées, dans nos véhicules (voitures, trottinettes, vélos), mais aussi dans nos cigarettes électroniques, aspirateurs sans fils, etc.

À une échelle plus importante, les batteries lithium constituent également le cœur de nombreux entrepôts de logistique, datacenters, sites industriels…

Face à cette généralisation émerge un risque incendie d’un nouveau genre, pour lequel les outils de luttes traditionnels montrent leurs limites.

C’est pour répondre à cette problématique urgente que la 3e édition de la norme ISO 3941, publiée en janvier 2026, a instauré la nouvelle classe de feu L. 

Cette classe désigne les incendies pour lesquels des batteries lithium-ion, sans lithium métallique libre, sont impliquées et soumises au phénomène d’emballement thermique. 

Le principal problème que pose ce type d’incendie c’est leur capacité à perdurer, même sans apport d’oxygène.

Feu de classe L

Comprendre le phénomène d’emballement thermique

Un feu, c’est comme une recette de cuisine, L’emballement thermique est une réaction en chaîne, incontrôlable et auto-entretenu, au cours de laquelle la température augmente de manière exponentielle :

  • la température s’élève rapidement,
  • les composants internes se dégradent,
  • des gaz inflammables et toxique sont relâchés,

Tous ces éléments participent à l’auto entretien du feu.

Les feux d’origine électrique (ancienne classe E)

Malgré une idée encore répandue, la classification de type E pour les feux d’origine électrique n’existe plus. Ce fut le cas à une époque, ce qui entretient encore le mythe dans certains esprits.

En effet, l’électricité n’étant pas un combustible, elle ne brûle pas. Elle a donc naturellement été supprimée des classes du feu par les normes européennes. On pourrait plutôt la voir comme une source d’activation de la combustion, et donc de cause d’un feu.

Aujourd’hui, un feu d’origine électrique est classé selon le matériau qui brûle (A ou B). 

Il est important de rappeler que l’eau est à proscrire pour ce type d’incendie pour limiter les risques d’électrisation, voire d’électrocution.