Forte chaleur au travail : quelles obligations pour les employeurs ?

Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et peuvent avoir des conséquences graves sur la santé des travailleurs : déshydratation, épuisement, coup de chaleur… Dirigeants et managers anticipons ensemble pour protéger la santé de chacun et assurer la continuité de vos activités.
Qu’est-ce qu’un épisode de chaleur intense au travail ?
Les seuils de vigilance Météo France
Un épisode de chaleur intense est défini par le code du travail sur la base du dispositif de vigilance météorologique de Météo-France.
Il existe ainsi 4 seuils de vigilance, dont 3 sont considérés comme chaleur intense :
- Vigilance jaune : Premiers signes de chaleur intense qui se traduit par un pic de chaleur ou un épisode persistant.
- Vigilance orange : Chaleur intense confirmée. On peut parler de canicule.
- Vigilance rouge : Canicule dite extrême.
Température maximale pour travailler
Aucun seuil de température entraînant l’arrêt automatique du travail n’est imposé par le code du travail. L’employeur a néanmoins l’obligation de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour préserver la sécurité ainsi que la santé physique et mentale de ses salariés.
Il lui appartient d’évaluer les risques liés à l’exposition à la chaleur que les activités se déroulent en intérieur ou en extérieur.
L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) conseille de cesser toute activité en intérieur lorsque la température atteint 34°C.
Quelles sont les obligations de l’employeur en cas de canicule ?
Obligation de l’employeur en cas de forte chaleur : le cadre général
Lorsque les conditions climatiques constituent un risque, l’organisation du travail doit être adaptée en conséquence. Ainsi, en application des principes généraux de prévention, l’Article L. 4121-1 du Code du travail impose aux employeurs la mise en place de mesures nécessaires pour assurer la santé des travailleurs.
Parmis ces obligations générales ont retrouvent :
- Identifier les risques en amont liés au poste de travail, à la tâche à exécuter, et à l’organisation du travail ;
- L’adaptation des horaires de travail, afin de limiter la durée et l’intensité de l’exposition à la chaleur et de prévoir des temps de repos ;
- La mise à disposition des salariés d’eau potable et fraîche en quantité suffisante et à proximité des lieux de travail, notamment pour le travail extérieur. (Article R4463-4 du Code du travail) ;
- Renouveler l’air dans les espace de travail fermé pour limiter l’ élévation de chaleur en intérieur ;
- Fournir des moyens de protection contre les fortes chaleurs ou de rafraîchissement ( vêtements respirants et EPI anti chaleur, couvre cheffe, brumisateur, gourde isotherme, mémo des bons réflexes, pare soleil, ventilateurs… etc) ;
Ces mesures doivent être intégrées dans le DUERP (Document d’évaluation des risques professionnels), ainsi qu’au programme de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (Papripact), obligatoire pour les entreprises d’au moins 50 salariés.
Le cadre de réglementation renforcé
Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail complète ces dispositions grâce à l’article R. 4463-3 du Code du travail, issu du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025. Il établit une liste de huit mesures de prévention destinées à réduire les risques liés à l’exposition aux épisodes de chaleur intense (seuils de vigilances jaunes, orange et rouge de Meteo France) :
- “La mise en œuvre de procédés de travail ne nécessitant pas d’exposition à la chaleur ou nécessitant une exposition moindre
- La modification de l’aménagement et de l’agencement des lieux et postes de travail Legifrance
- L’adaptation de l’organisation du travail, et notamment des horaires de travail, afin de limiter la durée et l’intensité de l’exposition et de prévoir des périodes de repos
- Des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées, par exemple par l’amortissement ou par l’isolation, ou pour prévenir l’accumulation de chaleur dans les locaux ou au poste de travail
- L’augmentation, autant qu’il est nécessaire, de l’eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs
- Le choix d’équipements de travail appropriés permettant, compte tenu du travail à accomplir, de maintenir une température adaptée pour les travailleurs
- Le choix d’équipements de protection individuelle adaptés aux épisodes de chaleur intense
- L’information et la formation adéquates des travailleurs, d’une part, sur la conduite à tenir en cas de forte chaleur et, d’autre part, sur l’utilisation correcte des équipements de travail et des équipements de protection individuelle de manière à réduire leur exposition à la chaleur à un niveau aussi bas que possible.”
Source : Article R. 4463-3 du Code du travail, issu du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025
Cette liste n’est pas limitative.
Et si les aménagements mis en place ne suffisent plus à garantir l’intégrité physique et mentale des travailleurs, l’activité doit être interrompue.

Le cas des personnes vulnérables
Certains profils particulièrement vulnérables de par leur âge, leur situation personnelle ou leur état de santé doivent bénéficier d’une attention particulière en cas d’épisode de forte chaleur. L’employeur est tenu d’adapter le cadre de travail, et pourra solliciter le service de prévention et de santé au travail (SPST) pour des conseils adaptés. (Article R4463-5 du Code du travail).
Rappel réglementaire (Protection des mineurs)
En cas de vigilance canicule de niveau élevé ou de chaleur extrême, les travailleurs mineurs ne peuvent pas être affectés à des travaux les exposant à des températures extrêmes (sauf dérogation réglementaires spécifiques).
Protégeons nos jeunes collaborateurs, particulièrement vulnérables.
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